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"Je voulais changer de disque. Voilà ce qui m'en empêchait vraiment." (comprendre sans changer)

6 oct.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours



Il y a une phrase que je me répétais en boucle, il y a quelques années. Dans ma tête, elle tournait comme un vieux disque rayé : "Je veux changer de disque. C'est plus possible. Si le reste de ma vie reste comme ça, ça vaut pas le coup."


Ce qui rendait cette phrase particulièrement cruelle, c'est que je n'étais pas quelqu'un qui n'avait rien essayé. J'avais traversé la psychothérapie jungienne, la CNV, l'ennéagramme, la kinésiologie, le yoga, la thérapie systémique, le magnétisme, la Rainbowdydance, le théâtre, le chant, la danse. J'étais massothérapeute formée au massage Esalen, ce lieu en Californie où sont nées certaines des approches les plus pointues de la relation corps-esprit-émotions — Ida Rolf, la Gestalt, Peter Levine. Le corps, je connaissais. L'intériorité, aussi. Et surtout l'ennéagramme et la CNV m'avaient donnée accès à la réalité de l'autre comme jamais je n'avais pu le percevoir jusqu'alors. A tel point que mon fils m'a dit un jour "Il y a clairement un avant / après CNV, maman!"

Et pourtant.


Pourtant, je continuais à me battre régulièrement contre moi-même sans parvenir à transformer cela. Je me retrouvais encore dans les mêmes ornières émotionnelles. Avec les mêmes schémas de réactivité, les mêmes automatismes. Comme si toute cette compréhension s'arrêtait à la porte d'une pièce dans laquelle je n'arrivais pas à entrer vraiment.


Si tu lis ces lignes, je pense que tu sais exactement de quoi je parle.


Illustration d'un homme pris au piège
Illustration d'un homme pris au piège


Comprendre sans changer: Le piège de la conscience toute-puissante


Voilà ce que j'ai mis du temps à nommer clairement : j'avais cru, comme beaucoup d'entre nous, que la conscience pouvait tout. Que comprendre suffisait à transformer. Que si je savais pourquoi je réagissais de telle façon, je pourrais un jour décider de ne plus le faire.


C'est un mensonge très répandu dans le monde du développement personnel. Un mensonge bienveillant, mais un mensonge quand même.


Parce que nos réactions automatiques — la boule dans le ventre, la gorge qui se serre, l'élan de fuite ou d'attaque — ne partent pas du cerveau qui pense. Elles partent de parties bien plus anciennes de notre système nerveux. Des parties qui ne lisent pas les livres, qui n'ont pas suivi de stage de CNV, et qui se fichent complètement de tes prises de conscience. Leur seul travail, c'est de te protéger. Et elles font ce travail depuis bien avant que tu aies appris à parler.



La pièce manquante et pourquoi personne n'en parlait


Quand j'ai découvert la Théorie Polyvagale de Stephen Porges, j'ai vécu quelque chose d'assez particulier. Je le raconte parfois à des clients en utilisant une métaphore un peu surprenante, mais qui dit vraiment ce que j'ai ressenti.


Quand j'étais petite, j'avais des planches d'anatomie. On y voyait le sexe féminin avec à l'extérieur le vagin, la vulve, l'urètre, le clitoris. Et puis, sur les coupes internes... le clitoris disparaissait. Comme s'il n'existait pas vraiment. Pendant des années, je me suis demandé à quoi ce petit bouton était raccroché. Quand j'ai enfin vu une représentation complète du clitoris, ça a été un éblouissement. Il avait toujours été là. On ne l'avait juste jamais montré entier.


Découvrir le rôle du système nerveux autonome, ça a été exactement ça. La pièce manquante qui avait toujours été là, mais que personne n'avait mise sur la carte.


La Théorie Polyvagale nous explique que notre système nerveux fonctionne en hiérarchie : il y a l'état de sécurité et de lien social, l'état de combat ou de fuite, et l'état d'effondrement. Ces états se déclenchent automatiquement, en réponse à des signaux de danger que notre tronc cérébral perçoit avant même que notre cortex ait eu le temps de formuler une pensée. Ce n'est pas de la faiblesse. Ce n'est pas un manque de travail sur soi. C'est de la biologie.


Et c'est pourquoi on peut comprendre ses schémas depuis des années sans parvenir à les changer : on cherche la solution à l'étage de la conscience, alors que la réaction vit à l'étage d'en dessous (façon de parler)



Pièce de puzzle bleue brillante posée sur un puzzle gris, au centre, dans une ambiance sobre et numérique.
La pièce manquante du puzzle


Ce jour-là, sur scène, avec la voix qui tremble


Je vais te raconter un moment précis, parce que les théories sans incarnation ne servent pas à grand-chose. C'est pas une anecdote de ouf et la terre n'a pas tremblée d'un iota contrairement à moi mais il illsutre bien mon propos.


J'étais dans un stage d'acting. Chaque matin, un directeur de casting différent. Chaque matin, un temps dédié aux présentations. Certains d'entre nous avaient pris l'habitude de tenter de varier leur façon de se présenter, histoire de faire plaisir aux copains qui pouvaient en avoir marre d'entendre tous les jours la même chose. C'est dans cet élan-là que j'ai choisi de raconter une anecdote d'enfance: un rêve que j'avais fait à 7 ou 8 ans, dans lequel je jouais dans un théâtre suspendu dans les étoiles, et où mes camarades de scène me faisaient tomber dans le vide sans même le remarquer. Le lendemain matin, j'annonçai à ma mère que je souhaitais mettre un terme à cette activité que je ne reprendrai finalement que 8 ans plus tard.

Voilà, rien de fou, juste une anecdote qui m'a marquée, pour dire quelque chose de vrai sur moi.


La directrice de casting m'a arrêtée, de manière spectaculaire, en hurlant: "Oh là là, dis donc, c'est intense là! On n'est pas chez le psy, là, je te demande juste une présentation professionnelle."


Silence d'église dans la salle. Mes camarades pétrifiés. Et moi avec une vague de honte qui montait, brûlante, du ventre jusqu'à la tête.


La version plus jeune de moi aurait répondu à cette intensité par une réaction tout aussi intense en miroir avec la réaction de cette directrice de casting. Quitter la pièce en claquant la porte. Avoir une répartie cinglante. Ou faire un truc dingue, voire choquant.


Ce matin-là, j'ai fait quelque chose de différent. Je me suis tenu la main. Physiquement. Ma main droite dans ma main gauche, sous la table. Ma voix tremblait légèrement. L'émotion était bien là, palpable, réelle. Je n'ai pas cherché à la dissimuler. Et pourtant, j'ai pu rester dans l'échange. Essayer de comprendre ce qu'elle voulait vraiment dire. Garder le lien.


Quelque chose a basculé. En moi et autour de moi. J'ai senti la présence de mes camarades changer, s'apaiser, sourire. Et tout ça, uniquement parce que j'étais dans une certaine qualité de présence à moi-même et à l'expérience que j'étais en train de vivre.


"Ne te lâche pas la main. Surtout ne te lâche pas la main", me répétais-je en boucle. Une respiration après l'autre, en prenant soin de prolonger mes expirations le plus possible. J'étais là, pour moi, avec moi, en totale résonance avec ma vulnérabilité et en même temps avec mes ressources: le lien, la connexion.




Sabine et le plafond de verre


Sabine est arrivée en séance avec une expression que j'entends souvent, formulée de manières différentes. Elle m'a dit qu'elle avait l'impression d'avoir fait le tour de tout ce qu'elle pouvait comprendre sur elle-même. Qu'elle butait toujours sur les mêmes choses. Et qu'il lui manquait "juste un petit quelque chose" pour franchir ce qu'elle appelait son plafond de verre.


Ce qui a changé pour Sabine au fil des séances, c'est quelque chose qu'elle n'a pas d'abord perçu elle-même. C'est son entourage qui le lui a dit, en premier. Des proches qui lui ont fait des retours : "Il y a quelque chose qui a changé en toi. Tu es plus posée. Plus souriante. Plus toi, d'une certaine façon."


Et puis, progressivement, elle a commencé à le sentir de l'intérieur. Quelque chose qu'elle a décrit comme "habiter chez elle, en elle". Une connexion concrète avec ses différents besoins, ces parties d'elle-même qui semblaient en conflit et qui ont appris, peu à peu, à se considérer. À s'offrir de l'écoute. Du respect. Et chemin faisant, de la coopération.


Pas de grande révélation. Pas de catharsis dramatique. Une présence de plus en plus réelle à soi-même.


Une porte s'ouvre sur l'océan
Une porte s'ouvre sur l'océan

Ce que je me porte garante d'offrir


Je ne suis pas dans une posture de sachante face à quelqu'un d'ignorant. Je ne détiens pas les clés de ta transformation. Ce que je fais, c'est créer les conditions d'une rencontre — entre toi et tes différentes parts, entre tes besoins qui se tirent dessus depuis peut-être des années, entre ce que tu comprends et ce que ton corps vit.


Je me porte garante d'une chose : ces parties de toi qui semblent en guerre peuvent se rencontrer, s'écouter, et même apprendre à coopérer. Pas à fusionner, pas à se faire taire — à vivre ensemble. C'est différent. Et c'est accessible.


L'Écoute Transform'Active® réunit trois piliers : l'art du jeu — explorer et exprimer toutes les facettes de soi —, l'auto-empathie, et la compréhension du lien entre le corps, le cerveau. Grâce à ces trois piliers, et grâce à tout ce que j'ai appris et expérimenté, j'invente en séance, avec ce qui se passe vraiment dans ton corps et dans ton système nerveux, ici et maintenant, l'accompagnement qui correspond le mieux à tes besoins du moment, qui correspond à cette étape de ta vie.



Et si tu hésites encore


Si tu te reconnais dans tout ça — dans ce disque que tu veux changer, dans ce plafond de verre que tu touches du doigt depuis trop longtemps — et que tu hésites à sauter le pas parce que tu as peur que ce soit encore une compréhension de plus sans vrai changement, je t'entends.


Je comprends tellement cette sensation. Je l'ai vécue moi-même.


Ce que je peux te dire, c'est qu'on ne fait pas ce trajet dans la douleur ou la gravité. Il y a de la douceur là-dedans. De l'humour, aussi. Du réenchantement, surtout. Le travail intérieur n'a pas besoin de gravité pour être profond.


Et à tout moment, tu as la liberté entière de dire que ça ne te convient pas. Je suis complètement disposée à l'entendre.


Alors on se rencontre ?

C'est par ici




 
 
 

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